Samedi 3 mars 2012 6 03 /03 /Mars /2012 15:18

 

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Après l'entrainement par intervalles courts ou EPIC de type Thibault et la décomposition par paliers, voici le troisième volet de mes exercices de fractionné sur home trainer avec le classique découpage en série(s).

On appelle communément série une répétition d'intervalles d'intensité haute alternés avec des intervalles d'intensité réduite, chacuns de même durée. Si un panel quasi-infini de variations des durées et niveau d'intensité est possible, souvent personnalisées par ceux qu'on nomme entraineurs, mes choix se fixent généralement sur la simplicité de durées égales des intervalles hauts et des intervalles bas.
Cette option m'est venu naturellement pour à la fois offrir de la variété à des séances de home trainer qui peuvent vite devenir ennuyante, accéder à un niveau d'effort à proximité du seuil qui m'apporte un certain plaisir, mais aussi le détachement intellectuel générée par la régularité des répétitions. Par ailleurs, s'il m'est fréquemment arrivé par le passé de réaliser des séances de home trainer longues, de l'ordre d'une heure à une heure trente, ma pratique réduite autour de 45 minutes depuis quelques années m'a conduit à me limiter à une série.
Car je ne fais quasimement que du fractionné sur le home trainer, au point que c'en est devenu un rituel.
Ainsi donc, durant les six mois les moins chauds de l'année, plus nombreuses sont mes journées qui débutent dès 6 heures du matin par une montée sur le Wattbike, souvent complétée d'une autre vers 18 heures voire 21 heures, que de journées débutant classiquement par un petit déjeuner... et pas de home trainer.
Immuablement, la séance démarre par 10 minutes d'échauffement légèrement crescendo. Le plus souvent à l'écoute de France Inter (la tranche de 6-7 présentée par l'excellente Audrey Pulvar m'est familière), parfois d'un CD ("Back in black" ces derniers temps). S'ensuit l'entrée dans le fractionné, et à sa sortie de quelques minutes de retour de calme.
Lorsque mon choix se porte sur une série, c'est sans réflexion que je me décide dans l'éventail que je me suis fixé: de durées des intervalles allant de 1 minutes à 10 minutes, l'option vient toute seule à moi. Bien entendu, plus les intervalles sont longs, moins leur nombre de répétitions est grand. L'ensemble de ces séries est répertérioriée ici, ainsi que mes niveaux de puissance développées lors des réalisations de 2012 (mes puissances dans les intervalles d'intensité réduite sont de l'ordre de 180 W). Ces puissances sont celles données par mon Wattbike, et je crois qu'il serait inopportun de les lire comme des valeurs absolues, la mesure de la puissance n'étant je crois pas encore maitrisée de façon absolue. Je crois cependant à une bonne reproductibilité sur cet appareil. J'ajoute que les fractionnés de type "Thibault" (appellation abusive) et Gimenez (déjà présentée dans le passé, je devrai y revenir) pourraient entrer dans la catégorie des séries, mais leurs particularités me les font traiter à part.
La question que beaucoup se posent est: quels calibrages en termes de niveau de puissance, durée des intervalles et nombre de répétitions, et suivant quel programme, sont les plus adéquats à une optimisation de sa condition physique à telle période et pour tel type d'épreuve?
Très difficile question, à laquelle si on a tous quelques idées de réponses, certains plus que d'autres, l'est je crois trop pour qu'elle puisse être la ligne directrice d'une préparation.
A mon sens, je crois que l'intuition accompagnée d'une connaissance plus ou moins raisonnée de soi est un bien meilleur guide.
Cercle vertueux, cette connaissance s'améliore avec ces fractionnés, effectuées à des intensités légèrement en dessous de celles d'un test maximal. Les accomplissant avec le compte-à-rebours et l'affichage de la puissance sous les yeux, je ne me lasse pas de remarquer combien les sensations peuvent précisément correspondre aux durées des intervalles, aux nombre déjà effectués, à la position dans l'intervalle en cours, haut ou bas, combien elles informent sur l'état de forme du moment, les perceptions à venir. Il y a la respiration, qui apporte l'oxygène aux poumons, lesquels la fixe pour la faire passer dans le sang, la poussée cardiaque, qui  en augmente le débit pour transporter cet oxygène vers les muscles, leur travail énergétique, par dégradation du glycogène sous apport d'oxygène et influx électro-nerveuse, le tamponage de l'acidité résultante de cette combustion par je ne sais quelle action bio-chimique, l'évacuation des déchets générés par cette activité, à nouveau par le sang jusqu'aux poumons puis l'expiration de l'oxygène cette fois combiné à du carbone. Le cerveau tient bien entendu un rôle essentiel par sa capacité à recevoir et traiter les informations, à envoyer des ordres.
Bien sûr, nul ne pense à cette chaine de fonctionnement lors de l'effort, on aurait plutôt tendance à chercher des dérivatifs souvent très loin de l'exercice (pas toujours avouables, n'est-ce pas?). Il n'empêche, certains d'entre nous et j'en suis apprécient ces moments.
Et apprécient aussi quand ça s'arrête. La fin de chaque intervalle, plus encore de chaque série est comme une délivrance. D'une contrainte recherchée. Et d'y revenir.
Que de paradoxes résident dans notre pratique sportive, qui en tant que telle et qui plus est individuelle a au moins le mérite de nous aider à vivre nos complexités sans enquiquiner de voisin.
C'est déjà pas mal. N'est-ce-pas d'ailleurs une composante de ce qu'on devrait appeler sport, plutôt que toute cette bêtise qu'on retrouve dans ce qui domine ce qui est communément appeler sport: les médailles, le drapeau, la Marseillaise, les écharpes, la gravité.

David Douillet, ministre des sports: "Hollande président, c'est la mort du sport français". Rien que ça (et aussi, écrit dans un livre: "tous les hommes sont misogyne, sauf les tapettes". Et la collectivité paie une fortune pour donner de hautes responsabilités à un gars capable de sortir des âneries pareilles. Et lui, Guy Forget, entraineur de l'équipe de la fédération française de tennis hommes après avoir été celui des femmes: "je veux des joueuses qui se mettent au garde-à-vous pendant la Marseillaise". Et d'aller payer ses impôts en Suisse!
Tiens, comme aurait pu le chanter Gérard Lenorman, en vers et en musique: "si j'étais président de la république, je ferais reverser les deniers publics octroyés au sport dit d'élite à celui de tous". Pas un programme, ça? Pas une réforme?

 

 

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Par Patrick BERNARD - Publié dans : Home trainer divers - Communauté : blog de cyclosport.
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